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​Travailler pour un Hollandais

Paru dans Globe Magazine de janvier 2017

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Des lignes de communication courtes, une hiérarchie peu présente et une ambiance de travail décontractée. Voilà quelques-uns des stéréotypes qui viennent à l'esprit quand on aborde la question du travail pour une entreprise néerlandaise. Mais comment les salariés étrangers travaillant à distance perçoivent-ils réellement la culture d'entreprise d'une organisation hollandaise, et comment gèrent-ils cela ? Plusieurs salariés étrangers témoignent.

« Travailler pour une entreprise internationale était un choix délibéré de ma part », explique Brecht Warlop, responsable commercial belge de Valmont. « Ma décision était motivée par les perspectives d'évolution, meilleures au sein d'une société internationale, mais aussi par le caractère varié de la fonction. J'apprécie le fait d'avoir de nombreuses responsabilités et de représenter Valmont en Belgique. De plus, la langue et la proximité du siège social néerlandais sont des avantages non négligeables. » Si le Britannique Stephen Belfort, Area Sales Manager pour le Royaume-Uni, l'Irlande et la Scandinavie chez AmbaFlex, avait aussi des raisons bien précises de postuler dans une société étrangère, il ne visait pas spécialement une entreprise néerlandaise. « Mes expériences antérieures au sein de sociétés britanniques et non britanniques m'avaient donné envie de travailler pour une compagnie étrangère. Quand l'opportunité s'est présentée avec AmbaFlex de diriger le service commercial d'une société néerlandaise dans un rayon international, j'ai décidé de relever le défi. »

Challenge

Beaucoup d'entreprises néerlandaises cherchent à étendre leur réussite au-delà des frontières. Leurs méthodes néerlandaises ayant porté leurs fruits dans leur pays d'origine, ces sociétés veulent déployer cette stratégie à l'étranger. « La façon de faire des affaires en Belgique est complètement différente, une entreprise néerlandaise doit accepter d'en tenir compte », indique Warlop. « Je remarque que les clients néerlandais notamment sont moins critiques que les Belges, qui eux se montrent beaucoup plus exigeants. Ils recherchent d'abord un partenariat à long terme et sont par conséquent plus longs à convaincre. Aux Pays-Bas, la relation d'affaires s'établit plus rapidement mais les clients peuvent vous lâcher aussi vite.

En Belgique au contraire, il est essentiel d'instaurer une relation de confiance, si bien qu'un client gagné est généralement un client pour la vie. La fidélité y est plus importante. » Cette différence de culture a demandé une période d'adaptation, aussi bien pour lui que pour son nouvel employeur. « Mais à présent, tout se passe très bien. Je sais exactement ce qu'on attend de moi aux Pays-Bas, et dans le même temps, la spécificité du marché belge est prise en compte. » Belfort était conscient qu'il serait plongé dans une autre culture, il fait aujourd'hui l'éloge de son employeur actuel. « Les différences résident surtout dans l'éthique de travail des collègues, l'enthousiasme, la motivation et la poursuite de l'objectif ultime de l'organisation. » Pierre Kervegant, responsable commercial pour la France et le Maghreb chez Firestone Industrial Products, considère le franc-parler des Hollandais comme un atout dans son travail quotidien. « Cela évite les discussions latentes entre collègues et influe positivement sur les résultats des employés et de l'entreprise en général. » Il précise tout de même que lui aussi a dû s'adapter. « Si l'on n'est pas préparé, cette franchise peut être mal interprétée. »

Au-delà des attentes

« Cette expérience est meilleure que je ne l'avais espéré », ajoute Belfort. Il s'attendait à une attitude positive de la part de ses collègues et observe cela tous les jours dans ses relations avec les Pays-Bas. « Tous les salariés poursuivent un objectif commun en droite ligne avec la stratégie de l'entreprise. Ils agissent avec discernement et sont toujours prêts à rendre service. C'est extrêmement agréable. Au Royaume-Uni, la frontière entre les cadres et le reste du personnel est très nette. Ce clivage crée une ambiance de travail inhospitalière et des conditions difficiles. Grâce aux lignes de communication ouvertes, nous avons jusqu'ici toujours réussi à résoudre les problèmes par le biais d'un dialogue franc. » D'après Warlop, c'est précisément cette communication ouverte qui lui a permis de s'intégrer aussi rapidement. « Nous nous situons sur un plan d'égalité et non les uns en dessous des autres. Les cadres n'imposent pas leur volonté. Ils m'offrent la possibilité de m'exprimer et sont véritablement à l'écoute. » Seulement des solutions.

La capacité à appréhender les stéréotypes néerlandais de la culture d'entreprise dépend surtout de l'attitude du nouveau salarié. Les professionnels étrangers qui se glissent dans leur nouvel emploi avec un esprit positif et ouvert apprécient la manière d'agir des entreprises néerlandaises dont ils adoptent souvent les méthodes de travail. D'un naturel optimiste, Kervegant résume cette mentalité en ces quelques mots : « Il n'y a pas de problèmes, mais seulement des solutions. Je m'adapte très facilement aux nouvelles situations. Par ailleurs, il est évident que chaque pays possède ses propres usages, lesquels peuvent même varier d'une région à l'autre. » Réciproquement, l'employeur aussi peut être ouvert aux idées de son salarié étranger. Cette approche est cruciale pour créer la cohésion nécessaire au développement d'une stratégie efficace en vue de conquérir les marchés étrangers.

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